Designer graphique de formation, Fabrice Peltier fonde l'agence P'REFERENCE - DYNAMISEUR DE MARQUE en 1985. Aujourd'hui, il s'agit de l'une des plus importantes agence indépendante de design packaging française, à qui l'on doit la création de plus de 10 000 produits de grande consommation.
Fabrice Peltier est aujourd'hui reconnu comme un « expert du design-packaging » qui ½uvre pour un design packaging responsable, plus respectueux de l'environnement. Il donne régulièrement des conférences, écrit dans de multiples journaux professionnels.
Il est le Directeur de la collection IdPack dédiée au design packaging, aux éditions Pyramyd et auteur des ouvrages : L'Eau, source d'innovations, La Boîte, solution d'avenir, Éco-design, chemins vertueux, Art, échanges créatifs et Série limitée, objet de collection. Il participe à la création l'INDP (Institut National du Design Packaging) en 2003, dont il est le Président.
Il fonde la DESIGNPACK GALLERY en 2008, le premier espace grand public (librairie, boutique, exposition et salle de conférence) entièrement dédié au design-packaging. Enfin, Fabrice Peltier, est expert Design Packaging auprès de l'ONUDI (Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel).
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Emballé c'est signé
Expositions, livres, conseils aux entreprises et bien sûr, créations, Fabrice Peltier prend tous les chemins pour faire évoluer les mentalités et transformer les déchets d'emballages en ½uvres d'art.
Le recyclage, Fabrice Peltier connaît ! En 1985, le designer crée P'Référence, société spécialisée dans la création du design packaging. Il devient ainsi l'un des pionniers dans le domaine : en vingt-deux ans, l'agence aura créé plus de dix mille packagings ! Adepte de l'éco-design dès la première heure, Fabrice s'est attaché à expliquer son métier au travers de plusieurs ouvrages : L'Eau, source d'innovations, La Boîte, solution d'avenir, Écodesign, chemins vertueux, Art, échanges créatifs ainsi que Série limitée, objets de collection aux éditions Pyramyd. Récemment nommé expert pour le design packaging auprès de l'Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), il aide aussi les sociétés des pays émergeants à améliorer leurs emballages afin de développe leurs exportations. Et en qualité d'éco-designer, il s'implique aussi après des entreprises dans une démarche de recyclage... artistique. Ainsi, avec le soutien de Coca-Cola Entreprise et la Ville de Paris, Fabrice Peltier a mis en place pour Noël des illuminations de rues. Il a utilisé pour cela des lustres composés de 45 bouteilles plastiques chacun, et fait pousser des arbres de quatre mètres de haut fabriqués avec 1 200 bouteilles par pied. L'objectif était bien sûr de sensibiliser l'opinion au recyclage dans une période de consommation particulièrement marquée. Fabrice Peltier a ouvert en 2008, à Paris, la Design Pack Gallery : un espace unique au monde spécialisé dans l'art du design packaging. Il y organise, du 29 mars au 05 juin 2010, l'exposition « 'R' de Recyclage - La seconde vie des emballages », et révèle ainsi au grand public comment ces emballages peuvent servir de matière première à de nombreux artistes. Quand de simples bouteilles deviennent des lustres, des cagettes se transforment en bibliothèques...
Élise MORIN, Neo Planete, Février 2010
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Fabrice Peltier, l'emballage repensé
La Designpack Gallery est un espace pour la promotion de l'Art du Design Packaging. Il y est présenté des expositions sur tout ce qui gravite autour de l'univers de la création des emballages. Librairie, ventes de produits, d'objets d'arts et de cadeaux ayant pour thème le packaging. Oui, mais pas seulement ! Au premier étage de cet espace, Fabrice Peltier repense sans cesse l'emballage et sa fin de vie afin de limiter son impact environnemental. Sujet qu'il connaît sur le bout des doigts et qu'il défend à l'ONU où il est expert pour le développement du packaging. Sujet qui le taraudait déjà à l'âge de 9 ans alors qu'il remporte un concours de dessin lancé par l'Unesco en 1970 qui prônait la nécessité de l'éducation pour protéger l'environnement. « Dans chaque virage en Lozère où j'habitais, c'était un dépôt d'ordures, donc à 9 ans je faisais partie d'associations de protection de la nature et je vidais le week-end les dépôts d'ordures. »
Quand on lui demande s'il n'est pas opportuniste de surfer sur la vague du développement durable, il répond sereinement que cela fait plus de dix ans qu'il à commencé à plancher sur le sujet, à l'heure où peu se préoccupaient des déchets.
« J'ai échoué dans l'emballage sans vraiment me rendre compte de son impact environnemental. Le geste ultime de la consommation c'était de bien ouvrir un emballage et de bien le fermer, mais aujourd'hui c'est aussi de bien le jeter. »
Recycler est un problème d'éducation. Fabrice Peltier à l'issue de notre entretien s'envole pour Québec faire une conférence dans ce but et secouer les mentalités : « j'ai toujours soulevé une problématique qui est très polémique et non politiquement correcte : le recyclage qui consiste à transformer les emballages en matière première, est-ce la seule, la bonne solution ? ».
Il nous donne un exemple : « recycler a un impact écologique. Aujourd'hui il n'est pas si évident qu'utiliser du papier recyclé soit la bonne solution. L'industrie papetière sert à entretenir les forêts. Ils ne font pas de la coupe franche. Une forêt pour être entretenue doit être coupée. Donc, il est beaucoup plus écologique d'utiliser du papier issu de forêts écogérées que d'utiliser du papier recyclé qui demande de l'énergie et qui pollue énormément. »
La maxime de Lavoisier, Fabrice Peltier la fait sienne : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». En d'autres termes, faut-il retransformer en matières premières ou en un autre objet ? Et pourquoi ne pas se passer de l'emballage ?
« Il serait impossible de s'en passer. Il faut continuer à faire de l'emballage. Oui, ici il y a de l'eau potable, mais 80% des pays du monde n'en ont pas, il leur faut donc des bouteilles. Plus l'emballage est développé, moins il y a de pertes alimentaires et inversement. Mais il faut se demander : est-ce qu'il n'y a pas une autre forme de recyclage ? C'est ce sur quoi j'essaie de me mobiliser. » Donc Fabrice Peltier découpe l'emballage, son caractère innovant, sociétal, culturel, environnemental, pour arriver à le faire comprendre, avec pour thème fédérateur, le développement durable.
« Je place le respect de l'environnement et la meilleure gestion des déchets d'emballages dans les contraintes marketing qui me sont données pour anticiper et innover. »
« Au c½ur de l'écodesign il y a l'écoconception en amont : rendre les emballages plus écologiques sans altérer leur fonctionnalité, aider les consommateurs à mieux jeter et faciliter la réutilisation de l'emballage en tout ou partie. S'engager sur les chemins vertueux, c'est réduire, éduquer, recycler. »
Les pistes novatrices qui doivent nous amener sur ces chemins, sont la réutilisation de l'emballage. Ils vont nous servir à faire d'autres objets : des lustres, des sacs, des vases, des bijoux et de l'art, autant d'idées que Fabrice Peltier source aux quatre coins du monde, quand il ne les invente pas lui-même pour rendre la fin de vie de l'emballage plus intelligente et plus belle.
« J'aime dire que je fais du design de l'ordure. »
Fanny LASSERRE et Thierry VASSEUR, Sub Yu N°9, Novembre 2009
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Fabrice Peltier, une vie dédiée au design packaging
À l'occasion des 25 ans de l'agence P'Référence et de la première année de la Designpack Gallery, Emballages Magazine a rencontré leur fondateur, Fabrice Peltier.
Designer, président de l'INDP, galeriste, expert pour l'ONUDI, écrivain...comment réussissez-vous à tout faire ?
Fabrice Peltier : Il est parfois compliqué de gérer plusieurs activités en même temps, mais c'est tellement passionnant ! Et puis, je n'ai pas tout commencé en même temps. J'ai créé l'agence P'Référence il y a bientôt 25 ans puis au hasard des rencontres, j'ai commencé à écrire des articles, notamment pour Emballages Magazine en 2000. Ceci m'a donné envie de commencer une collection de livres dédiés au design packaging en 2006. J'ai décidé de créer l'Institut national du design packaging, (INDP) et la Designpack Gallery pour ½uvrer à la reconnaissance du design packaging, l'un de manière institutionnel, l'autre de façon plus personnelle. L'INDP est maintenant une structure qui fonctionne très bien par elle-même.
La Designpack Gallery vient de souffler sa première bougie. Quel est le bilan de cette première année ?
FP : En un an, la Designpack Gallery a accueilli quelque 18 000 visiteurs - grand public et professionnels-. Nous avons eu que des retours positifs : preuve que la galerie comble un manque. Car, plus qu'une salle d'exposition, la Designpack Gallery est un véritable centre de ressources du design packaging : des cycles de conférences sur ce thème sont organisés ; la petite librairie, ne regroupant que des ouvrages consacrés à différents aspects du design packaging, vend une centaine de livres par mois. Je suis vraiment ravi de ce résultat. La Designpack Gallery est ma « danseuse ». Pendant 25 ans, j'ai fait de la création pour des clients. Ici, je fais ce que je veux, je choisis les artistes et les objets dont j'ai envie.
Au printemps, vous avez commencé une autre activité pour la promotion du design packaging : expert auprès de l'ONUDI. En quoi consiste votre mission ?
FP : L'ONUDI (Organisation des Nations Unies pour le développement industriel) a fait appel à moi afin d'assister techniquement des industriels et des designers libanais. Le but est de les aider à se mettre à niveau sur tous les aspects du design des emballages, afin de développer leurs exportations. Je donne également des conférences et je participe à un programme de formation sur les bonnes pratiques en matière d'innovation et de développement durable appliquées au secteur de l'emballage ;
L'éco-conception est une voie que P'Référence explore depuis quelques années déjà. Qu'apporte une agence de design dans ce domaine ?
FP : P'Référence a acquis une vraie légitimité en ce qui concerne l'éco-conception. Nous aidons nos clients sur l'éco-design des packs, mais également sur la manière de communiquer leur éco-engagement.Ils sont encore dans le flou, nous essayons de les aiguiller sans qu'ils tombent dans le greenwashing.
Quels sont vos prochains projets ?
FP : En fin d'année, nous préparons un événement : la Designpack Gallery pour fêter les 25 ans de P'Référence. Ensuite les Pentawards 2009 seront exposés en début d'année 2010.Je travaille actuellement sur un nouveau livre et sur le programme des prochaines expositions. Côté agence, j'espère que 2010 sera une meilleure année que 2009. En effet P'Référence ne fait pas exception et souffre comme toute la profession. Nous avons toutefois de beaux projets pour l'année prochaine. Pour l'instant, je ne vous en dirai pas plus.
Entretien : Mirabelle Belloir, EMBALLAGES MAGAZINE n°919, octobre 2009
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Prêcher la bonne parole
Patron et fondateur de l'agence P'Référence, Fabrice Peltier (48 ans), a créé en l'espace de vingt-cinq ans plus de 10 000 emballages. Récemment il a lancé à Paris - au 24 rue de Richelieu, entre les Musées du Louvre, des Arts Décoratifs et la Bibliothèque Nationale-, la Designpack Gallery, en plein c½ur de Paris. Il est également un ardent défenseur du packaging vert. Auteur prolifique, il a écrit notamment sur l'emballage et l'environnement. ... Il est aussi depuis peu expert Design Packaging pour l'ONUDI, Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel. La Designpack Gallery, un espace exclusivement dédié à l'art du design packaging se niche dans la rue Richelieu, au c½ur d'un quartier magique de Paris. Un espace où l'on peut admirer des expositions sur tout sur tout ce qui gravite autour de l'univers de la création des emballages, assister à des conférences et des événements, pour le grand public et les professionnels. Son espace équipé de matériel audiovisuel permet d'accueillir jusqu'à 50 personnes assises. Sont aussi installés sur le lieu une librairie spécialisée sur le design packaging et un espace de ventes de vente de produits conditionnés dans des emballages d'exception, d'objets d'art et de cadeaux ayant pour thème, le packaging. « J'ai toujours rêvé d'avoir ma propre galerie d'art, c'est fait. Je voulais aussi regrouper toutes mes activités, mon agence, faire mes conférences chez moi , et exposer. Je me suis rendu compte qu'il y avait vraiment un besoin de connaître le design packaging. Je me suis rendu compte que les marques ne connaissaient même pas leur propre histoire. Simplement parce que cette mémoire se perd au fil des différents rachats par des groupes financiers. Je crois que la création passe avant tout par un respect du passé, une compréhension de ce qui s'est fait avant. Comment créer sans savoir d'où l'on vient. Pour inventer, il faut comprendre ».
Défenseur de l'emballage vert
Hyperactif, Fabrice Peltier, s'est vu confier récemment une nouvelle mission. Et quelle mission ! L'organisation des Nations Unis pour le Développement Industriel (ONUDI) a en effet fait appel à lui comme expert pour le Design Packaging. Sa première mission a eu lieu au Liban tout récemment. Il offre une assistance technique auprès des industriels et des designers Libanais pour les aider à se mettre à niveau sur tous les aspects du design des emballages afin de développer leurs exportations. Par ailleurs, il donne des conférences dans les Universités d'Art et assure un programme de formation sur les bonnes pratiques en matière d'innovation et de Développement Durable appliqué au secteur de l'emballage. « Cela montre qu'à haut niveau, il y a une prise de conscience de ce que notre métier peut apporter. Et il s'agit de ma mission la plus facile et la plus agréable. Je fais des conférences pour des gens qui ont un réel besoin et qui ont un respect de la personne qui vient répondre à leurs besoins . C'est un vrai bonheur que d'aller au Liban, dans les écoles d'art et de marketing, de parler devant des salles combles avec des gens qui écoutent, qui ont envie ».
Ma mission est simple. Lorsqu'un pays en voie de développement veut à la fois développer le commerce dans le pays et exporter ses produits, ils n'a pas d'autre choix que de faire du packaging. L'emballage est un facteur de développement économique. Il y a aussi toute la partie technique, l'aspect législatif, les normes à respecter. En Europe on légifère dans tous les sens : sur l'éco-confection, l'écologie, les ingrédients. C'est perçu par nos voisins qui veulent exporter comme du protectionnisme, un parcours d'obstacles. Ce qu'on attend de moi, c'est d'aider à franchir ces obstacles. L'ONU m'a contacté pour aller expliquer tout cela un peu partout. Je crois être le premier à assurer ce type de mission.
J'ai deux grosses missions : aider à faire du design et éduquer en matière d'écologie, de développement durable. Cela revient à changer l'idée de l'emballage, à faire en sorte que cela ne soit plus considéré comme un déchet.
Jean-Michel Stichelbaut, PUB, octobre 2009
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Interview de Fabrice Peltier
par Irène Lopez
Vous avez fondé P'REFERENCE en 1985. Dans quelles circonstances ?
Fabrice Peltier : Après avoir étudié les arts graphiques au lycée Jean Bart à Grenoble, je suis "monté" à Paris au début des années quatre-vingt, continuer mes études au sein de l'école Estienne. Les professeurs n'avaient de cesse de nous répéter "soyez autonomes". J'ai alors pris la consigne au premier degré. J'ai donc commencé à démarcher des clients et à chercher des projets à réaliser. Tant et si bien qu'à la fin de ma scolarité, je ne répondais plus aux problématiques proposées par les enseignants, mais aux briefs de mes clients !
En 1985, l'affluence de travail à laquelle j'étais confronté m'a permis de créer l'agence. Né d'une mère institutrice et d'un père fonctionnaire, avec une formation artistique, je n'étais pas familier de la gestion d'une entreprise.
Quelles ambitions aviez-vous pour l'agence, au début ?
FP : C'est assez simple. Entre 1985 et 1998, j'étais obsédé par la croissance de l'agence. Nous étions arrivés à une taille de plus de cinquante personnes. P'REFERENCE faisait partie des cinq premières agences (en terme de taille) d'après un classement du magazine Stratégie.
Aujourd'hui, je n'ai plus cette philosophie. Je me suis ouvert à pleins d'autres choses. Je choisis mes clients. Je n'ai plus ce désir de croissance. Je ne recherche pas des briefs. Je veux travailler sur des projets intéressants, en me faisant plaisir avant tout.
À quoi est dû ce changement ?
FP : En 1998, un accident sur le Rallye de Tunisie me cloue sur une chaise roulante. J'ai passé de longs mois de rééducation avant de pouvoir marcher. J'ai beaucoup réfléchi. Et c'est à partir de ce moment que j'ai eu la volonté de sortir mes propres produits et de communiquer.
J'ai ainsi commencé à écrire des articles dans les revues professionnelles. Ensuite, j'ai été la principale source d'informations de l'ouvrage L'impact du pack (aux éditions Pyramyd). Puis je suis devenu directeur de la collection ID Pack. L'année dernière, j'ai publié L'eau source d'innovations et La boîte solution d'avenir. Je prépare en ce moment L'art et le packaging et L'éco conception, deux ouvrages réalisés, à l'instar des deux premiers, pour faire découvrir de manière graphique et didactique les aspects les plus surprenants de l'univers du packaging.
Comment fonctionne l'agence aujourd'hui ?
FP : Nous sommes vingt-cinq personnes. Quatre grands pôles structurent l'agence : communication, identité, espace et volume. Nous offrons à nos clients un grande valeur ajoutée créative et un accompagnement dans la durée, pour que leurs projets voient le jour dans les meilleures conditions. Nous avons dégagé en 2006 une marge brute de 3,5 millions d'euros.
Il n'y a pas de commercial dans votre équipe. Pouvez-vous expliquer ce choix ?
FP : C'est vrai. P'REFERENCE doit bien être l'une des seules agences qui fonctionne comme ça. Nous n'avons pas une démarche commerciale classique. Nous avons un savoir-faire et nous le faisons savoir via des mailings. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les clients appellent.
Une entreprise aussi florissante (3,5 millions d'euros de marge brute en 2006) doit attirer les capitaux. Avez-vous déjà eu des propositions d'achat ?
FP : Oui, à plusieurs reprises. De grands groupes de publicité m'ont fait des propositions pour acheter l'agence. Mais je pense que le mariage du design et de la publicité n'est pas bon. Il repose sur un postulat erroné, selon lequel le design serait au service de la stratégie de communication. Or, c'est faux : le design est au service du produit.
Le seul mariage qui serait judicieux serait de s'allier avec un fabricant d'emballage. Ce dernier doit apporter des solutions d'emballage, de véritables innovations. Intégrer le design chez le fabricant serait le faire rentrer dans l'industrie. Vous voyez, je ne suis pas réfractaire à toute alliance. Encore faut-il qu'elle soit judicieuse.
Sur le site internet de l'agence, vous avez mis en vente vos propres produits. À quelles fins ?
FP : Chaque année, nous créons un produit événementiel. Ce rendez-vous est l'occasion de démontrer notre créativité et notre savoir-faire. Ces réalisations ont toutes un point commun : elles utilisent l'emballage comme support pour communiquer sur un fait marquant de l'actualité. En 2000, nous avions créé "Le Dernier Bol d'Air du XXème siècle" : de l'air de l'ancien millénaire avait été saisi dans un bol totalement hermétique pour permettre aux générations futures de respirer une bouffée d'une autre ère. Ont suivi, en 2001 "L'eau du thé & l'eau du café", en 2002 "L'adieu au franc", en 2003 "Esprit d'enfant", en 2004 "Sécuriteuf", en 2005 "My Sleeve" et en 2006 "La nouvelle sophistication". Le but est de transformer le packaging pour dire quelque chose de plus que ce qu'il contient. Nous avons imaginé et créé des "collectors" pour vendre des idées et non un produit. Leur succès commercial a été la cerise sur le gâteau.
Certains de ces produits, tout comme les "collectors" que vous avez créés sont inventoriés au Musée de la Publicité à Paris et décrits comme des ½uvres contemporaines de qualité. Quel sentiment cela vous inspire ?
FP : D'habitude, on reçoit ce type de distinction lorsqu'on est mort ! Plus sérieusement, c'est honorifique. Cela fait du bien à l'égo.
E&P : Aujourd'hui, un emballage peut-il encore vous séduire ? Si oui, y en a t'il un que vous préférez aux autres ?
FP : Je ne suis pas encore frustré, mais je pourrais l'être car il n'y a pas assez de véritables innovations. Quand à mon packaging préféré, je ne peux pas vous répondre car j'aime le pack dans sa globalité. Mes choix vont donc être créatifs. Je n'ai pas de matériau ni de technique préférés. Et pour conclure, comme l'ont déjà dit d'autres créatifs avant moi : ma meilleure création, je ne l'ai pas encore créée...
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Fabrice Peltier, Dynamiseur
Extrait du livre "L'Impact du Pack" Portrait par Pascale Nivelle, journaliste à Libération
Est-ce d'avoir grandi avec un frère jumeau ? "Je ne fais rien à moitié", annonce Fabrice Peltier. Une montagne, il a envie de l'escalader. Un projet, il va jusqu'au bout. Sachant qu'après, il y a un autre sommet, un autre projet, toujours plus inaccessible. "Créatif ou grimpeur, c'est la même chose, dit-il. On part toujours d'en bas." Bas, haut, comme sur les cartons de déménageur. Le président de P'Référence, agence de design packaging, aime les slogans qui claquent.
Design packaging ? Dites plutôt "Dynamiseur de Marques", l'enseigne de la maison Peltier depuis 1985 à Paris. Dynamiser, c'est donc conditionner sur mesure. L'eau, par exemple, qu'il aime tant capturer entre ses paumes en montagne. Elle existe en biberons, en litres prêts à porter pour madame, en gourdes pour sportifs, en jerricans format familial...Qu'importe le flacon direz-vous, cette eau coule de source. C'est sa fonction qui a changé : "Les gens n'achètent plus un produit, mais une utilisation, s'emballe Fabrice Peltier, c'est le début de l'âge d'or !" Au siècle dernier, en 1999, il a inventé l'air en bol ou la vente du vent. Un jour d'étiage à Airparif, il a fait capsuler des milliers de canettes de luxe, pleines de l'atmosphère du dix-septième arrondissement, avec emballage doré et cachet de cire d'huissier : "Imaginez l'enfant des années 2000. À cinquante ans, il pourra respirer un bol d'air du vingtième siècle." On sourit, Fabrice Peltier est un rêveur. Il a fêté ses quarante-trois ans dans les dunes du Sahara, seul devant son 4x4, comme Saint-Exupéry et son Simoun. Pour savourer l'instant, il débouche un premier grand cru classé Saint-Émilion 1961. Bouteille de verre, 75 cl, bouchon de liège et étiquette or fin. Du classique. Il dit : "Moi, je suis un consommateur très basique. J'achète peu. Et toujours les mêmes marques."
Les grands espaces, la nature sauvage, la randonnée, il en rêve neuf mois sur douze et s'y évade le reste du temps. À vélo, en quad, à moto, il oublie Paris et les linéaires. En 1998, un accident de rallye le cloue sur une chaise roulante, avec la terreur de ne jamais remarcher et des mois de rééducation menée comme un sportif : "Mon truc, c'est l'endurance. Et la liberté." Fabrice Peltier par sa seule volonté se donne la force de braver le destin. Son bureau ouvert à tout vent, est une caisse de résonance où chacun peut s'exprimer. Fabrice aime parler d'alignement des planètes, un succès se construit point par point en regardant vers le ciel. Tout doit suivre la même trajectoire. "C'est pour cela que nous travaillons en équipe que ce soit à l'agence ou avec nos clients." Fabrice, dont l'agence compte une vingtaine de salariés et court parmi le peloton de tête français du design packaging, n'a pas l'allure du classique business man. Il porte un jean, un t-shirt et des baskets, le tout sans logo. Il passe sa vie dans les supermarchés, Caddie vide mais tête pleine : "Je connais tous les produits c'est mon boulot . Je me mets à la place de tous les consommateurs, vieux, enfants, animaux... Quand je sens que quelque chose manque ou fonctionne mal, je l'imagine." Il a relooké des classiques, le pain Harry's façon US, le thé de Sir Thomas Lipton ou la gamme de sirops Teisseire. Il veut maintenant inventer des objets. Son Bol d'air, L'Eau du Café, L'Eau du Thé, ou le Sécuriteuf , un kit du "teufeur" avec préservatifs et éthylotest...
La compétition, Fabrice Peltier connaît. Dès le départ, ils étaient deux. Frédéric, son jumeau et lui. Classés nationaux en ski, fous de vélo, les frères Peltier se battaient pour la première place sur les podiums et la dernière à l'école. Leur père, ingénieur des eaux et forêts, et leur mère institutrice en maternelle, se lamentaient d'avoir deux cancres sur quatre enfants. "On ne fichait rien, on a eu le BEPC à l'oral de rattrapage", raconte Fabrice. Ils ont vécu en pleine nature, du côté de Mende en Lozère, puis à Clermont-Ferrand et ensuite à Grenoble. Ils glissaient et se saoulaient de grand air, rêvant de devenir guide de haute montagne ou moniteur de ski. "Mais nous étions tellement mauvais à l'école que l'on nous a refusés en sport études !" Ce sera donc le lycée technique pour Fabrice (Frédéric, bien plus tard est devenu avocat d'affaires). Il choisit les métiers de l'imprimerie, un peu au hasard. Plomb, photogravure, bas-de-casse, vélin... Le monde du papier lui plaît, au point de renoncer au ski de haut niveau. À dix-sept ans, il part faire le tour de Corse, en solitaire et à mobylette, en revient avec une plaquette illustrée et joliment designée. J'ai vu en Corse, son premier objet. À la rentrée, on lui conseille de poursuivre ses études à l'école Estienne (arts graphiques et publicité) à condition d'être le meilleur. Il s'y prépare comme un athlète.
Objectif Paris, se dit ce jusqu'au-boutiste. Pari gagné, il brûle les étapes : "Dès la deuxième année d'école, j'avais des clients et je ne demandais plus rien à mes parents." Fabrice emprunte trois sous à sa grand-mère et fonde P'Référence à 24 ans. L'agence connaîtra une croissance à deux chiffres dans les années qui suivent. Ses premiers contrats passent dans sa collection d'objets autour de Tintin. Salles des ventes, brocantes, boutiques, Fabrice Peltier rafle tous les objets du petit reporter et détient aujourd'hui une des plus importantes collections au monde. Depuis qu'il possède tout ce qui s'est fabriqué, il invente les pièces de ses rêves. "J'ai près de 4 000 pièces, que j'ai fait faire dans le monde entier. Son agence un grand loft, du côté de la Place Clichy, est organisé autour de sa passion. Tintin est partout. En lithos, en plaques émail, en maquettes, en bustes, en miniatures précieusement exposées dans des vitrines. Dans son bureau presque vide trône la plus belle pièce : une maquette en coupe de la fusée rouge, usinée sur commande. "On vit dans son rêve", lance un collaborateur perché sur un tabouret, entre le dernier Macintosh et la Castafiore. À vingt-quatre ans, avec le coffret de stylos feutre, des créatifs de l'époque, Fabrice Peltier a fondé cette agence qu'il ne vendrait pas pour tous les bijoux du monde. "Mon moteur n'est pas l'argent, mais de réaliser mes objectifs. Le premier était d'être libre et indépendant. Aujourd'hui, c'est de pérenniser vingt ans d'expérience et de transmettre à ceux qui prendront la relève." Réfléchir plutôt que foncer. Moins courir pour mieux marcher. Et surtout transmettre ses passions.
Son premier logo créé à l'école Estienne, les empreintes rouges de son chat l'ont suivi longtemps. Il en reste le rouge, couleur de l'énergie et symbole de P'Référence. Il y a aussi désormais sa signature, qu'il sème dans les colonnes de Marketing Magazine et d'Emballage Magazine. Des lingettes au développement durable, Fabrice Peltier ausculte maux et tendances du packaging. Il prône "le design de l'ordure" mais confie aussi ses "déchirements", face à cet art éphémère et de mauvaise réputation écologique. "Le packaging est démocratique, c'est grâce à lui que tout le monde a pu manger des recettes exotiques ou boire de l'eau minérale. Et regardez tout ce qu'on fait d'une bouteille de plastique dans le tiers-monde !" L'apôtre de l'emballage, "filière industrialisée la mieux organisée du monde sur le plan du recyclage", peut prêcher des heures sur son art qu'il transmet lors de formations professionnelles ou conférences. Croyant mais pas aveugle : "Si le monde entier se met à consommer le quart des pays occidentaux, on est mort." Comme n'importe qui, la vue d'un sac plastique égaré sur une dune le navre. Mais il n'y a que lui pour avoir la gorge serrée en marchant sur un vieux ticket de la Française des Jeux abandonné sur un trottoir : "Je pense au créatif qui s'est arraché pendant des heures."